Sources : "Diario de los viajes hechos en Catalunya" F.Zamoe-Barcelona 1973.
Archivo General de Simancas. Secretaria de Guerra (livres N° 456-468)



La fonderie de Sant Sebastiá de la Muga est à 16 km du fort de Bellegarde qui assure sa protection appelée à tort fonderie de Sant Llorenç de la Muga en raison de la proximité des forges de Riambau et de Palomeres situées à 47 km de part et d'autre de Gerona et de Perpignan.
L'installation de l'usine de munition et d'armement près de la frontière attire la convoitise française, Luc-Siméon Dagobert a tenté sans succès de l'investir.
L’abondance des forges catalanes rend inutile l'installation des systèmes efficaces de l’industrialisation comme les hauts-fourneaux.
La construction d'un haut fourneau pour la fabrication des canons et des munitions paraît novatrice.
Le combustible de ce premier haut fourneau est le charbon végétal.
En France, 3 fonderies similaires sont en exploitation à Douai, à Strasbourg et à Toulouse.
Le 26 octobre 1766, 100 ans après la construction de la fonderie de Perpignan par Cron, le propriétaire foncier du village de La Junquera, Pere Grau Balló se lance dans la construction de la fonderie de Sant Sebastiá, en contrebas de la rivière de la Muga prés de l'ermitage à 3.5 km du bourg de Sant Llorenç.
Il investit sa fortune personnelle et sa vie à la recherche des mines de fer, il obtient le contrat royal pour construire la Fonderie Royale de Hierro Colado de Sant Sebastiá, premier haut four de Catalogne.
Le procédé est l'œuvre du fils de l’ingénieur Suisse Jean Maritz qui apporte son savoir à la technique hydraulique à foret les futs des canons en bronze.
Le cours de la Muga est déporté dans sa partie Nord, retrécit pour que la force du courant fassent tourner les moulins à forer.
Le 12 avril 1767, l'intendant fiscal de Catalogne, Juan Felipe Castanyos, l'expert artilleur, Franscisco Joan Rey qui a dessiné les plans et son directeur Jean Maritz fils inaugurent la fonderie.
En 1769, une loi est votée pour réserver le bois des forêts à l’arsenal de munitions de Sant Sebastiá.
Suite au départ en France de Jean Maritz, nommé directeur des fonderies militaires et inspecteur général pour la marine, son adjoint le français Louis Brocard en prend la direction.

Le 18 avril 1772, l'ordonnance royale retire au ministère des finances sa gestion pour la confier au ministère de la guerre.
Les canons de 2 500 kg fabriqués sont des pièces d'art uniques avec le poids, le calibre, le nom du fondeur et l'emblème de la royauté espagnole gravés dessus.
De nouvelles fusées en acier aux noyeux des roues remplacent les fusées de bois qui se brisent en montagne.
L'armée s'attribue le monopole de la fonderie pour passer du mode artisanal à une production nationale afin de ravitailler par le port de Roses, les principaux forts et les garnisons en munition et en armement.
De nouveaux bâtiments celui de l'alésoir, celui des forgerons ciseleurs sont ajoutés à la fabrique des moules, de la fonderie, de la fosse et une caserne est construite pour les artilleurs.
La fonderie devient un centre militaire avec son arsenal et ses maitres artilleurs qui pointent et approuvent la qualité des canons.
Chaque jour 100 personnes travaillent en deux équipes comprenant 8 fondeurs, 3 forgeurs, 2 tailleurs de lime, 1 orfèvre, 4 charpentiers, 7 graveurs, 10 maréchaux ferrants, 3 menuisiers et 62 ouvriers et maçons se relaient dans la fonderie.
L'expérience du fondeur, le maitre de forge est un homme mystérieux, un sorcier qui maitrise le métal, il ne dévoile rien de sa connaissance pour produire du bronze, un alliage constitué de 87 % de cuivre, 8 % d'étain et 5 % de laiton. Le laiton aide au mélange du cuivre et de l'étain, le rend plus fluide, plus éclatant mais augmente les déchets.
La fonderie Sant Sebastiá bâtit à coté une seconde usine qui traite le minerai de cuivre provenant de la carrière de Montdevá.
Les deux usines proches apportent une confusion aux forges de Sant Llorenç.
Les canons de bronze a âme de fer sont coulés pleins en fosse. Plus les canons sont grands, plus les moules sont épais
L'arrivée du métal en fusion se fait par la hauteur de la culasse au bas de la fosse pour éviter l'emprisonnement du gaz dans la formation de la chambre. La chambre du canon est le logement placé à l'arrière du canon pour y recevoir le boulet.
Des masselottes sont coulées à la bouche du canon pour faire le contrepoids du canon, ils sont retirés avec l'excédent du métal de l'âme.
Les canons sont calibrés d'un diamètre inferieur puis tournés avec des cordages vers l'extérieur où ils sont gravés.
Les tourillons usinés et les hausses sont mises en place, la ligne de mire est tracée.
En 1793, dès le début de la guerre, l’Etat-Major Français connait l'existence de l'arsenal et convoite la fonderie de Sant Sebastiá et voit en elle une importante usine d’armement.
Pourquoi avoir installer cette usine de munition et d'armement si près de la frontière ?
Cette usine attire que des convoitises et sans succés Luc-Simeon Dagobert a tenté de l'inverstir.
Le 06 mai 1794, Charles Augereau s'est entouré du capitaine du génie, son ami Hyacinthe Grandvoinet, géographe, pour franchir la frontière avec les deux brigades Jean Joseph Guieu et Guillaume Mirabel.
Après 10 heures de marche dans la montagne, Charles Augereau et ses brigades se présentent aux habitants de Sant Llorenç de la Muga pour prendre possession de la fonderie Sant Sebastiá.
Les deux bataillons de Malaga et du Vallespir protègent l'usine, résistent aux assauts et n'ont a aucun cas détruit la fonderie, seulement le bâtiment des fondeurs et des militaires.
Les forges avec les marteaux, les ateliers avec les fours d'affinage, le bocard reste fonctionnel.

Le 23 aout 1794, a lieu la destruction entière de la fonderie Sant Sebastiá acte prémédité par le Comité de Salut Public et exécuté après avoir retiré tout le matériel et les moules.

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